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Newsletter #33

  • labonnepoirebxl
  • 18 déc. 2025
  • 17 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 déc. 2025


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Vous avez été nombreux·ses à vous inquiéter de quand nous reprendrions les activités à la rentrée. Merci pour votre enthousiasme et votre soutien, vraiment. Nous, on a tardé un peu à donner des nouvelles, c’est vrai. Bienvenue dans notre première newsletter de notre cinquième saison de La Bonne Poire 🥳 


Ici, on vous raconte un peu ce qui nous a occupées ces derniers mois, les différents trucs qu’on a sur le feu. On vous partage un texte sur les termes « masculinité toxique » et surtout : on annonce les premières activités de 2026 !



Dans cette newsletter

  • Retour sur l'été... et les quelques mois qui lui ont succédé

  • Nos intentions (encore en travail) pour la saison 5

  • Au-delà du toxique : comprendre de quoi on parle

  • La rentrée : nos prochains événements

  • Recommandations



# Retour sur l'été... et les quelques mois qui lui ont succédé

Comme chaque année, nos activités ont été mises en pause dès la fin du mois de juin pour une coupure estivale qui nous est très précieuse. Mais il faut l’admettre : cet été, on n’a pas du tout chômé. On vous en touche rapidement quelques mots.


Début juillet, nous avons appris que nous avons obtenu un financement Erasmus+ “small scale” pour un projet sobrement intitulé « MECS » (hihi) pour « Mise En Commun de Stratégies féministes impliquant des hommes », en partenariat avec une association française, le collectif Manœuvre. Ce financement, nous l’avons obtenu grâce au soutien très généreux de Luigi qui, après avoir participé à l’une ou l’autre de nos activités, a proposé de nous aider bénévolement à remplir ce genre de dossier. On vous en parlera davantage dans les mois qui viennent; mais sachez que désormais, on  apposera ponctuellement le logo de l’Union européenne dans nos publications lorsqu’il sera question du projet MECS. 


Au milieu de l’été, nous avons participé à deux tables-rondes dans le cadre du festival « Les voisin·e·s font du bruit » organisé à Liège par le CVFE. Le 14 août, nous parlions de « VSS (violences sexistes et sexuelles) et responsabilisation des hommes » aux côtés de l’asbl Praxis et du projet CRUSH et le 20 août, de « Pacifisme et militarisation » aux côtés de la PEC, l’IHOES et d’Agir pour la Paix. Cela nous a permis de reconnecter à des thématiques qu’on avait abordé lors des « Chantiers : Agressions » et de la mensuelle « Militarisation et masculinités ». Le sujet de la militarisation à continué à nous occuper pas mal l’esprit. On vous recommande, à ce sujet, le documentaire Mr. Nobody against Putin,  sorti en salles à la fin de l’été ainsi que d’autres ressources en fin de newsletter.


Nous sommes invité·es ponctuellement à participer à des événements, comme ici en novembre le colloque DPO (Détection, Prise en charge et Orientation) organisé par la Fédération Laïque de Centre de Planning Familial (FLCPF), qui portait cette année sur le thème « Les auteurs : quelques pistes pour comprendre et agir ». (On parle bien d’auteurs de violences sexuelles, au cas où c’est pas clair : ça n’était pas un événement littéraire 😛). On publiera prochainement un compte rendu de notre intervention là-bas. C’est stimulant d’être invité·es dans ce genre d’endroits – et cela nous donne une forme de reconnaissance pour notre travail, ce qui est plutôt sympa – mais en même temps on sent qu’accepter ce genre d’invitations diminue directement le temps de travail qu’on est capables de mettre en parallèle sur l’organisations d’activités ou l’écriture de newsletters, qui sont le coeur de ce qu’on veut proposer avec La Bonne Poire à la base. Cet évènement a postposé d’un mois notre rentrée, mais on regrette rien : c’était un très chouette moment pour nous.


Enfin, ces dernières semaines deux publications sont sorties dans lesquelles nous sommes mentionnées. 


La première est l’article « Pour se “déconstruire”, les hommes doivent-ils être brusqués ? » dans le dossier « Être un homme, mode(s) d’emploi » d’Éric Walravens pour Alter Echos. Au risque de passer pour des rageuses, on vous proposerait bien ici un petit commentaire dessus. Tout d’abord, on voit que le sujet des masculinités est en vogue : plusieurs revues ont fait un dossier sur les masculinités durant l’année qui s’est écoulée, c’est quand même remarquable. Ensuite, voici trois petits points sur le contenu de l’article lui-même : 

  • On trouve dommage qu’en se concentrant sur les émotions des hommes et leur confort, l’article présente la critique féministe comme brusquante, irritante, et non comme une boussole. Comme si nommer la domination masculine perturbait injustement la convivialité.

  • Pour nous, le positionnement de l’auteur laisse un peu à désirer. Son autocritique est présentée comme suffisamment transformatrice à son goût. On glisse vite vers la confusion entre « être un homme qui va mieux » et « être un soutien aux luttes féministes ». 

  • Enfin, le récit se clôt sur une vision réconciliatrice centrée sur les efforts masculins, sans interroger les résultats mesurables pour les femmes. Il se finit sur une note de type « avec un peu de bonne volonté, tout ira bien » qui traduit une logique optimiste visant à apaiser les tensions, non à adresser les injustices. 

Pour nous, l’article illustre une tendance de masculinisation de l’espace féministe, où le cœur du débat devient la façon dont les hommes vivent leur propre transformation intérieure, plutôt que la façon dont ils démantèlent matériellement les structures oppressives qu’ils perpétuent. 


La deuxième est une publication de Nath Jonniaux pour le CVFE : « Faire féminisme : regards critiques sur la posture d’allié ». L’article explore une série d’initiatives bruxelloises qui réalisent un travail avec les hommes dans une perspective féministe – nous avons fait partie de cette enquête. L’objectif était de faire un état des lieux critique des initiatives existantes et de mener une réflexion stratégique sur les façons dont les hommes s’engagent dans le féminisme. C’est un travail qui donne un bon aperçu général des questions que se posent les féministes qui travaillent avec les hommes, en étant bien illustré avec les voix des personnes de terrain. 


Auto-formation des hommes en non-mixité masculine, engagement individuel au sein du couple et du ménage, développement personnel, cercles de paroles ; l’article couvre de nombreux sujets et pose la question de comment mobiliser collectivement des hommes, afin de transformer les normes sociales au niveau inter-individuel mais aussi, et surtout, structurel. Plutôt que de reprendre une énième fois le débat qui consiste à savoir si les hommes peuvent ou non « être féministes », l’article propose une clé pragmatique : l’enjeu est moins d’en faire une catégorie identitaire (et de le revendiquer) que de s’assurer de la cohérence entre nos paroles, nos principes et nos actes en « faisant féminisme ». L’article aurait pu donner plus de visibilité aux travaux des féministes qui ont pensé et écrit sur ces questions depuis longtemps, mais globalement, on trouve que c’est un éclairage intéressant sur le sujet. 



# Nos intentions (encore en travail) pour la saison 5

L’année passée, on a clos la saison avec la publication du zine La Bonne Poire Acte 1 : Se mettre au travail, une collection de textes écrits entre nos débuts en décembre 2021 et juin 2025. Rassembler ces textes et appeler ça « Acte 1 » était une manière pour nous d’acter que quelque chose s’était passé, que quelque chose était révolu. Au début de la saison 4, on vous racontait qu’on sentait qu’il était temps pour le projet de prendre le large. Le collectif était entré dans un moment charnière. On n’est, en effet, plus au même endroit qu’il y a 5 ans. On a été traversées par un tas de questionnements, nos intérêts personnels et collectifs ont évolué.


La période de pause dans nos activités a été plus longue que d’habitude parce qu’on a passé beaucoup de temps à travailler sur des sujets de fonds et à revenir aux fondements du projet. On aurait bien aimé ouvrir cette newsletter de rentrée en partageant nos intentions pour cette saison 5 ou en essayant de capturer ce que cela pouvait bien signifier d’entrer dans l’« Acte 2 ». Mais on a passé un mois à faire des allers et retours dans l’écriture de ces intentions, entre des moments de réunion, des moments de rédaction, des appels téléphoniques insatisfaits et des rendez-vous dans des cafés pour creuser les raisons de nos difficultés à écrire. On a cherché à élucider nos motivations et ce qui structure en ce moment notre lecture du monde dans le but de nous donner une clarté sur comment nous positionner. On a cherché à se situer. 


Honnêtement, c’était très riche. On s’est dit plein de fois qu’écrire ces intentions était un exercice nécessaire parce qu’il nous forçait à identifier tôt dans le processus les endroits où on n’est pas parfaitement alignées, les endroits où on est prises par des enjeux personnels, par ce qui nous tient, par l’actualité, par des grilles de lectures qui révèlent des enjeux différents. C’est super précieux d’identifier ces choses quand on est à trois derrière un document et qu’on peut prendre le temps de réfléchir et d’en reparler, et pas quand on est déjà déployées de toutes parts et qu’on se rend compte sur le terrain que quelque chose coince. 


Mais du coup on a fini par renoncer à envoyer ces réflexions dans notre newsletter de rentrée. Peut-être que quelque chose en ressortira sous forme de vœux en janvier. Peut-être pas. Peut-être que c’est un processus en cours dont on ne voit pas encore le bout. Peut-être que notre situation aujourd’hui, dans notre époque, dans l’état du monde tel qu’il se présente à nous, est un moment de pénombre dans lequel on doit avancer sans avoir tout résolu. Peut-être. Disons que c’est ok.



# Au-delà du toxique : comprendre de quoi on parle

Ces derniers mois, on nous a proposé plusieurs fois d’intervenir dans divers contextes avec comme demande initiale de parler de « masculinité toxique ». Cela nous a interpellé et on a voulu réfléchir ensemble sur ces termes.


Il y a un an, on vous invitait à abandonner le terme « problématique ». On continue à s’attaquer à des mots de vocabulaire utilisés un peu à toutes les sauces et qui desservent souvent nos propos en partageant cette fois une réflexion sur la notion de « toxique » et plus précisément de « masculinité toxique ». Dans ce texte, on commencera par un bref historique, avant de se focaliser sur trois problèmes que celle-ci pose : son effet psychologisant et dépolitisant, sa dimension normative, et enfin son caractère flou et vide de sens.


  1. Historique de la notion de « masculinité toxique »

Avant de formuler des critiques de ce terme, prenons un moment pour en comprendre l’historique.


La « masculinité toxique » est apparue dans le mouvement mythopoétique masculin des années 1980. Au cours des années 1990 et au début des années 2000, la « masculinité toxique » s’est répandue des mouvements masculins à la littérature du développement personnel. Cette dernière postulait que les relations père-fils émotionnellement distantes produisaient des hommes « toxiquement » masculins. Selon certains thérapeutes, les garçons auraient besoin d’une masculinité appropriée, ce que les mères ne pourraient pas apporter. Par exemple, si les jeunes hommes se tournent vers la violence, c’est probablement parce qu’ils ont grandi avec une mère célibataire. Des psychologues ont présenté la « masculinité toxique » comme une norme culturelle, mais pouvant être corrigée en impliquant les hommes dans leur rôle de père. Ils ont posé une notion essentialiste du développement émotionnel masculin. 


La prescription d'une paternité engagée comme antidote à la « masculinité toxique » s'harmonise alors avec les recommandations du XXIe siècle en faveur d'une vie familiale hétéronormative à l'ère de la mondialisation néolibérale. La « masculinité toxique » a fourni un discours permettant de diagnostiquer les problèmes des hommes face aux conséquences genrées de la désindustrialisation, au cours de laquelle les emplois bien rémunérés dans les secteurs professionnels masculins ont disparu tandis que les emplois féminisés dans le secteur des services se sont développés. 


Assez rapidement, la « masculinité toxique » a eu tendance à être appliquée aux hommes marginalisés. Des recherches ont fait le lien entre « masculinité toxique » et pauvreté, contribuant à fournir un cadre qui a essentialisé les hommes marginalisés en les présentant comme agressifs et criminels, sous le couvert d'un discours prétendant se soucier du bien-être des hommes. L'idée de « masculinité toxique » s'est alignée avec les programmes politiques conservateurs préoccupés par le contrôle social des hommes à faibles revenus et sous-employés, ainsi qu'avec les valeurs familiales patriarcales. Le recours à la « masculinité toxique » ne rejetait donc pas la hiérarchie ou l’ordre binaire de genre. Au contraire, les discours thérapeutiques sur la « masculinité toxique » invoquaient généralement des de caractéristiques masculines supposément « naturelles ».


Les partisans de ce terme étaient souvent des conservateurs cherchant à « réformer » les hommes marginalisés et à stabiliser les normes patriarcales de la famille hétérosexuelle.


  1. Psychologisation, dépolitisation et compatibilité avec le néolibéralisme

Le mot « toxique » désigne une substance étrangère qui contamine un organisme. Appliqué aux relations humaines, il en transforme profondément le cadre d’analyse : ce qui relevait d’un rapport social devient une altération de soi par l’autre. Le problème n’est plus structurel, mais chimique ; non plus collectif, mais interpersonnel.


Cette opération linguistique a des effets puissants. Elle individualise la violence : au lieu de désigner une logique sociale ou un rapport de domination, on désigne une personne — « toxique ». L’explication se recentre sur les affects (souffrance, anxiété, malaise) plutôt que sur les structures (genre, classe, race, sexualité). Et l’horizon proposé n’est plus la transformation politique, mais la mise à distance thérapeutique.


Dans cette logique, les rapports de pouvoir et les conflits sociaux deviennent des déséquilibres émotionnels, les oppressions deviennent des perturbations du bien-être. Ainsi, un rapport inégalitaire est réduit à un obstacle à l’épanouissement personnel. L’analyse se dilue dans le ressenti et la critique dans la gestion de soi.


Il n’est pas anodin que le mot toxique ait trouvé un tel écho dans les discours de développement personnel, les pratiques de coaching ou les récits d’« amélioration de soi ». Il épouse parfaitement les logiques du néolibéralisme émotionnel, où chaque individu est sommé·e de gérer son capital affectif comme un portefeuille d’investissements.


La toxicité devient alors ce qui nuit à l’optimisation de soi. « Éloigne-toi des personnes toxiques », « protège ta paix intérieure », « crée un cercle sain » : autant d’injonctions à sélectionner ses relations sur le modèle de la consommation, à filtrer les interactions humaines selon leur rendement émotionnel. L’autre devient une source de bénéfice ou de nuisance et les rapports sociaux se réduisent à des stratégies d’autoprotection.


Dans cette perspective, transformer les structures (ou cultiver l’appartenance) disparaît au profit d’une quête de « safe spaces » individualisés. Or, cette dynamique est éminemment politique : elle reconduit la responsabilisation individuelle là où il faudrait penser des formes collectives de résistance et de changement. Elle substitue à l’analyse des systèmes une gestion des symptômes.


  1. Le sain, le toxique et le normatif

L’exemple de la masculinité toxique illustre les impensés normatifs qui traversent certains discours « critiques » de gauche (y compris féministes). Cette notion, souvent mobilisée pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles et les comportements virilistes, semble à première vue offrir un outil d’analyse pertinent. Pourtant, une lecture plus attentive de son histoire révèle un glissement problématique : sous couvert de critique, il sert bien souvent à réinstaurer une norme.


Dès son origine, le discours sur la « masculinité toxique » ne visait pas tant à déconstruire la masculinité comme système de pouvoir qu’à redéfinir ce qu’elle devrait être. Il s’agissait de sauver la masculinité en l’épurant de ses excès — de distinguer entre les « mauvaises » formes, pathologiques, violentes, et les « bonnes », dites « saines » ou « positives ». Ce déplacement permet de détourner l’attention des structures patriarcales pour recentrer le problème sur l’absence supposée de modèles masculins stables, en particulier au sein de la famille hétérosexuelle. Le remède proposé n’est donc pas l’abolition des normes de genre, mais leur réaffirmation : celle d’un homme-père protecteur, présent et émotionnellement disponible — mais toujours dans un cadre hétéronormatif et centré sur la famille. 


Ce retour à l’ordre passe par une production active de normes : la « bonne masculinité » devient un modèle à incarner, une forme de respectabilité genrée valorisée par les institutions, notamment les politiques publiques préoccupées par la « crise » des jeunes hommes. Cette crise, on le sait, est souvent projetée sur des populations racialisées et marginalisées, accusées de déviance ou d’irresponsabilité. Ainsi, la catégorie de « masculinité toxique » fonctionne moins comme critique que comme stigmate : elle désigne les masculinités subalternes comme problématiques, voire irrécupérables, pendant que les hommes appartenant aux classes dominantes — blancs, bourgeois, cis-hétérosexuels — s’érigent en modèles de masculinité « responsable » et « éthique », reproduisant la domination masculine sous un vernis de progrès.


Il ne s’agit pas ici de disqualifier toute utilisation du mot toxique, mais de prendre acte de ses effets politiques. Dans un monde où les violences systémiques sont souvent retraduites en récits individuels, il est crucial de résister à cette tendance à la moralisation des rapports sociaux.


  1. Une catégorie floue et vide

La masculinité toxique continue d'apparaître dans de nombreux textes et lieux militants. Compte-tenu de ce qu’on vient de voir, pourquoi l’utilise-t-on encore ? Parce que c’est un raccourci pratique : son attrait réside dans sa capacité à évoquer un type de personnage reconnaissable.


Les féministes ont adopté la notion de « masculinité toxique » pour caractériser les discours homophobes et misogynes ainsi que la violence des hommes. Depuis 2016, un nombre notable d'articles médiatiques ont utilisé l'expression « masculinité toxique » dans des discussions sur Trump et le mouvement #MeToo pour décrire le comportement répréhensible des hommes blancs puissants, contrairement à ses applications antérieures qui concernaient les hommes marginalisés. Les universitaires féministes ont adopté la masculinité toxique comme un cadre utile pour répondre à la résurgence de la politique masculine de droite.


Mais parmi les articles utilisant ce terme presque aucun n’en fournit une définition : il est utilisé de manière descriptive, sans théorisation ni opérationnalisation. Ceux qui ont fourni une définition ont le plus souvent mentionné la violence, la domination, l'agressivité, la misogynie et l'homophobie.


Peu de chercheur·euses discutent de la manière de conceptualiser la masculinité toxique par rapport aux théories féministes de la masculinité, et notamment comment le rejet de la « masculinité toxique » peut servir les intérêts d'hommes déjà privilégiés. Les applications féministes du terme à des personnalités telles que Trump et Weinstein s'écartent d'une approche conservatrice axée sur la « masculinité toxique » des hommes marginalisés.


Cependant, une telle condamnation continue d'individualiser le problème en le réduisant aux traits de caractère d'hommes spécifiques. La condamnation de la « masculinité toxique » permet aux hommes de se positionner contre la misogynie, l'homophobie et la violence, tout en se distanciant et sans reconnaître qu’ils font partie de ces dominations. La violence et le harcèlement sexuels peuvent alors être discutés comme des caractéristiques d'hommes « arriérés » et « mentalement malades », comme on a encore pu le constater avec le procès des viols de Mazan. Ainsi, les privilèges institutionnels et structurels dont bénéficient les hommes (ce que Connell appelle le « dividende patriarcal ») sont systématiquement occultés. La « masculinité toxique » comporte des connotations postféministes qui relèguent le patriarcat au passé et individualisent le sexisme en le présentant comme une question d'attitudes personnelles. 


Conclusion

On pense qu’on devrait se méfier de l'utilisation de la « masculinité toxique » comme catégorie analytique. Ce n'est pas un concept utile lorsqu’on veut voir le genre à travers une approche systémique et non pas individualisée. Vous l’aurez compris : utiliser le terme de « masculinité toxique », ça peut véhiculer (parfois malgré soi) des notions essentialistes et centrées sur la famille hétéronormative ; racistes, classistes et psychophobes ; individualisantes et néolibérales ; dépolitisantes et bien souvent vides de sens. On vous invite plutôt à aller puiser dans les études féministes, antiracistes, matérialistes et queer pour y trouver des instruments bien plus robustes : rapports de domination, violences structurelles, le concept d’hégémonie, de patriarcat ou encore d’hétéronormativité. Ce lexique ne cherche pas à purifier les relations mais à les comprendre ; il ne promet pas une vie sans douleur, mais une capacité à nommer les causes sociales de la souffrance.



# La rentrée : nos prochains événements


Mensuelle : Quels besoins pour travailler sur la masculinité ?

Pour la première activité de notre saison 5, on propose le 13 janvier une mensuelle “back to the roots” pour reconnecter aux raisons pour lesquelles on est là. Que vous soyez de férus habitué·es de nos activités ou que vous veniez pour la première fois, on dressera ensemble un état des lieux, en partant de soi et de nos points de vue situés, de ce dont on a besoin, aujourd’hui, pour travailler sur les masculinités


Qu’est-ce qui vous amène ici ? Qu’est-ce que vous désirez y trouver ? Quel chemin avez-vous déjà parcouru et quels obstacles vous barrent la route pour aller plus loin ?


Une mensuelle est un espace convivial, intimiste et sécurisant pour permettre de se rencontrer, de se mettre au travail ensemble. C’est l’occasion d’investir un travail de la conversation : d’apprendre à échanger et à réfléchir ensemble. Pour en savoir plus sur ce format d’activité, c’est par ici.


Étant donné que c’est notre première activité depuis longtemps et que La Vieille Chéchette n’est pas un espace très grand, il est particulièrement important de vous inscrire (et de nous prévenir – idéalement le plus tôt possible – si vous avez un empêchement).


Infos pratiques

  • Quand ? Le mardi 13 janvier 2026

  • Ouverture des portes à 18h30, début de l’activité à 19h et fermeture à 22h.

  • Où ? À  La Vieille Chéchette (2 rue du Monténégro - 1060 Saint-Gilles)

  • ​​Pour qui ? Nous espérons que cette activité touche principalement des hommes. Si tu es intéressé·e et que tu n'es pas un homme, tu es lae bienvenu·e ! Mais c'est encore mieux si tu viens accompagné·e :) 

  • Le nombre de places est limité : inscription via ce formulaire.

  • Prix libre et conscient

  • Événement Facebook



Focus : Travail reproductif

Une chose apparaît de façon de plus en plus claire aujourd’hui : le capital est en crise et il est en train de se refaire une santé en exploitant, entre autres, le travail reproductif. Mais c’est quoi, le travail reproductif ?


Le 22 janvier, on vous invite à mobiliser une grille de lecture issue du féminisme matérialiste pour comprendre comment se construit ce rapport d’exploitation. On espère que cela nous donnera un outil pour comprendre certaines des attaques du gouvernement Arizona sur les acquis sociaux.


Lors de ce focus, on espère démontrer qu’adopter une grille de lecture féministe nous permet de comprendre le monde dans lequel on vit bien au-delà des enjeux strictement liés au genre. On espère aussi que les participant·es pourront en sortir en ayant une idée un peu plus claire de ce qui se trame et de comment lutter pour une société plus juste et plus égalitaire.


Un Focus, c’est quoi ?

Focus est un format qui permet d’aller plus loin en matière de réflexion, de transmission de savoirs et d’approfondissement d’un sujet. Au cours de cette activité, on amène du contenu, on parle de théorie et on échange aussi pour se réapproprier des idées, chacun·e à notre niveau.


Concrètement, ça commence par une table-ronde, un petit cours ou une conférence pour lancer la balle, ensuite, les participant·es se réapproprient le sujet en discutant par petit groupe et on finit par des échanges toustes ensemble. Dans une démarche d’éducation populaire, on vise des allers-retours entre des savoirs plus théoriques d’une part et d’autre part nos expériences, nos vécus, des savoirs chauds que chacun·e peut mobiliser à sa hauteur.


Infos pratiques

  • Quand ? Le jeudi 22 janvier 2026

  • Ouverture des portes à 18h30, début de l’activité à 19h et fermeture à 22h.

  • Où ? Au centre communautaire Elzenhof (12 avenue de la Couronne - 1050 Ixelles) 

  • ​​Pour qui ? Cet événement s’adresse à quiconque ça intéresse. Plus particulièrement, on espère que des hommes viendront apprendre de la théorie féministe (car elle est loin, très loin, de ne concerner que les minorités de genre). On espère que les personnes qui se sentent désemparées dans le contexte politique actuel puissent y trouver des ressources et des outils pour penser l’action. 

  • Le nombre de places est limité : inscription via ce formulaire.

  • Prix libre et conscient

  • Événement Facebook



# Recommandations

Ci-dessous des recommandations sorties durant nos quelques mois de pause. On vous les a triées par thèmes 🙂


Sur la militarisation


Sur le masculiniste et l’extrême droite


Sur les violences sexuelles


Sur la domination adulte et/ou l’éducation :


Sur l’hétérosexualité 


Sur le séparatisme et la sécession féministe : 

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