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Newsletter #17


Décembre, les jours sont courts, il fait froid et gris, il y a les épidémies de grippe et d’autres joyeusetés, les lumières vives et les musiques criardes dans les temples du capitalisme, et en attendant que les jours s’allongent à nouveau, nous vous proposons quelques pistes de ruminations pour apprécier les fêtes et appréhender 2024 avec matière à réflexions. 


Au programme de cette dernière newsletter de 2023 : 

  • Une réflexion sur le développement personnel et l’activisme

  • Un retour sur nos deux activités de décembre 

  • L’annonce de nos prochains évènements

  • Quelques recommandations


En vous souhaitant un beau réveillon 🙂

# Décembre, le mois des bilans

Décembre, c’est un peu le mois des bilans, un mois d'intériorité où l’on regarde où on en est. La Bonne Poire est née il y a 3 ans et nous regardons avec enthousiasme le projet se déployer et évoluer. Chaque saison vient avec son lot de questions et il semblerait que, de plus en plus, les questions qui nous occupent cette année concernent le lien entre soigner et lutter.


À nos débuts, le projet était de répondre aux besoins et aux demandes identifiés par des hommes désireux de se mettre au travail. Comme nous ne sommes pas concernées par une socialisation masculine, nous voulions faire le travail de nous mettre à l’écoute de leurs interrogations, difficultés, freins, de leurs besoins afin de leur permettre de s’engager aux côtés des féministes dans une lutte anti-patriarcale. Il y a eu, dès la première rencontre, des demandes qu’on pourrait réunir en deux types : 

  • D’une part, des demandes qui concernaient le fait de lutter contre ce que la socialisation masculine avait créé en soi et dans nos relations, en termes de coupure de ses émotions, de déconnexion de son corps, de difficulté à relationner de façon épanouissante. Appelons ça : la dimension "soin".

  • D’autre part, des demandes qui concernaient le fait de trouver une place dans une lutte féministe, de changer les structures, de combattre les inégalités et les violences – que ça soit par la recherche d’espaces où contribuer de façon pertinente, d’espaces où exprimer sa colère politique ou dans l’invention de manières d’user de son pouvoir et de ses privilèges pour faire la différence. Appelons ça : la dimension "lutte"


À ça, on pourrait ajouter la recherche de se nouer avec d’autres hommes qui partagent cet engagement anti-patriarcal et cette volonté de changer afin de créer des dynamiques vertueuses et de démanteler les boysclubs. On a voulu La Bonne Poire comme un espace politique d’expérimentation et de recherche pour collectivement (et de façon mixte) avancer vers des formes d’engagement anti-patriarcal. On savait qu’on avancerait en tâtonnant et on savait qu’il y aurait de nombreux écueils. On explore joyeusement en cherchant à documenter notre voyage de la façon la plus lucide possible 😀

On a essayé d’avancer sur ces deux plans ("soin" et "lutte") dans l’idée que ces deux dimensions étaient liées et pouvaient se travailler en parallèle. Néanmoins, on peut constater qu’il y a beaucoup plus de demande pour le côté "soin". Les événements de cet ordre ont rencontré un public beaucoup plus nombreux et régulier. Du côté “lutte”, c’est resté assez pauvre - on peut même dire que les événements les plus politiques du côté des masculinités ont tendance à faire des flops. 


Ce qu’on appelle ici sobrement "la dimension soin" et "la dimension lutte", on pourrait tout aussi bien les appeler "développement personnel" et "activisme".  Et si on s’en réfère aux célèbres prédictions de John Stoltenberg dans Refuser d’être un homme (1989), on se retrouve vite à contempler une peinture cynique dans laquelle les hommes ne sont là que pour faire du développement personnel, et ne deviendront jamais des alliés politiques. Il dit par exemple : « Beaucoup d’hommes conscientisés ne feront que ce qui les rassurera sur eux-mêmes. Si quelque chose n’a pas cet effet, il est peu probable qu’ils le fassent. Parler de leurs émotions leur permettra de se rassurer eux-mêmes. » L’investissement des hommes en tant qu’hommes dans le développement personnel d’une part et dans l’activisme d’autre part nous interroge beaucoup et on compte bien y réfléchir davantage en 2024 !



# Retour sur les événements de décembre

La mensuelle "Masculinités, care et soin"

Le mardi 12 décembre, nous nous sommes retrouvé·es comme à notre habitude à La Vieille Chechette pour une mensuelle cette fois autour de la question du care : prendre soin de soi, des autres et du monde. Joan Tronto, spécialiste de l’éthique du care, explique qu’« au niveau le plus général, [...] le care est considéré comme une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde », de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie »*. 


En introduction, nous avons fait un tour des thématiques et des questions qui nous venaient en tête lorsque nous pensions à l’intersection entre “masculinité” et “care”. L’objectif était de garder la discussion à un niveau personnel ou interpersonnel, basé sur nos expériences et nos vécus. On se disait qu’ouvrir un espace de conversation et d’écoute dans lequel on pose des questions adaptées afin que l’autre personne puisse s’y déposer et déployer ses émotions était une manière de prendre soin de l’autre (demander à l’autre comment il va, prendre des nouvelles, se souvenir de ce qui a été dit la dernière fois, etc.). Agir avec anticipation est aussi une manière de prendre soin (faire un travail de maintenance pour éviter qu’émergent les crises, prendre la charge mentale - y compris contraceptive), de même qu’éviter du stress, des complications, des tensions.. Cela peut également impliquer des choses très matérielles : faire les courses en prenant en compte le régime alimentaire, cuisiner, maintenir un espace de vie propre et agréable à vivre, avoir une attention à son hygiène, son apparence, son odeur, etc. 


Vous l’avez compris : le care est le fait de fournir de l’attention, un travail. On peut donc se demander comment ce travail est distribué, dans quels registres et dans quelles proportions. Qui prend soin de qui ? Qui prend soin dans nos communautés, dans nos groupes; qui prend soin du monde, en tenant en compte des questions de durabilité et de justice ? Quid de ce ou celleux dont on ne prend pas soin ? Dans la distribution du care, on peut évidemment ajouter aussi la question du soin de soi. Spécifiquement, les hommes tendent à avoir une grande résistance au travail de soin de soi pour ce qui concerne leur santé mentale (et le fait de consulter des (psycho)thérapeutes), ce qui a généralement des incidences négatives sur leur entourage. Et restons vigilant·es : la tentation peut être forte de fuir le soin de soi dans un simulacre de soin d’autrui ! Mais c’est surtout la meilleure manière de générer plus de chaos dans nos relations, que de ne pas se donner d’espace pour être lucide et connecté·e à ce qui se passe en soi-même.


Encore bien des sujets ont été cités dans cette introduction qui servait à ouvrir l’appétit (conversationnel) : prendre soin des relations amicales, le lien du care avec l’amour, la gestion des émotions (les siennes et celles des autres), la question de connaître ses limites dans le care (ou comment les mettre), les espaces militants comme des espaces où l’on parle de care, mais où on ne le voit pas forcément. Bref, le care, un sujet riche et concret qui a stimulé de riches discussions ! 


On aimerait encore vous partager un élément qui nous a rapidement sauté aux yeux : plus que d’habitude, les participant·es faisaient le lien entre la thématique de la mensuelle et leur vie professionnelle. Kiné, médecin, éduc spécialisé, assistant social, journaliste, artiste ; le care est un travail et une préoccupation dans plusieurs corps de métiers. Cela permet de souligner la “double journée de travail” des femmes qui prennent aussi en charge de façon très disproportionnée le travail de care dans leur vie privée, amicale, familiale et sociale. On peut expliquer cette répartition disproportionnée par le fait que les femmes sont souvent parmi les premières à subir les conséquences de crises ou de conflits. L’état du monde, de leur communauté, de leur environnement a des implications directes sur leur vie. C’est quelque chose qu’on peut voir de façon exacerbée dans l’exemple des personnes ayant subi des violences qui développent une hypervigilance aux autres, une anticipation de potentielles nouvelles violences, un état d’alerte permanent - ce qui est épuisant. Dans nos discussions, quelqu’un associait pour les hommes le travail du care à la notion d’effort : “les hommes doivent faire un effort pour faire attention aux autres”. Cet effort peut être justifié par l’envie d’avoir une participation plus juste et plus épanouissante à une communauté humaine.


Si la masculinité n’apprend pas à prendre soin du monde et de son entourage, elle n’apprend pas non plus à prendre soin de soi – bien plutôt, elle pousse à avoir des comportements négligents, dangereux, à prendre des risques. Il y aurait donc un vrai potentiel de changement à apprendre à prendre soin de soi lorsque l’on est un homme. “Se prendre en main” comme on dit, parce que tout le travail qu’on ne fait pas est, par défaut, sous-traité (aux femmes de notre entourage, le plus souvent). 


Prendre soin de soi et des autres, c’est d’abord développer une attention (à son fonctionnement ou au fonctionnement d’autrui) et une connaissance (de soi, des autres). Développer une curiosité et une technicité aussi dans les gestes de soin que l’on peut apporter. Il ne suffit pas d’avoir une bonne intention : prendre soin demande du tact, une bonne lecture de la situation, d’être juste.


Lors du tour de fin, on a pu relever qu’assez rapidement, dans les échanges, s’est posée la question des limites du care : comment poser sa limite, quand dire stop ? Il était intéressant de noter la vitesse à laquelle cette considération était apparue dans un groupe majoritairement constitué d’hommes, tant il paraissait improbable qu’un groupe majoritairement constitué de femmes abordent la question sous cet angle. “Non vraiment, je ne connais aucun homme qui est “trop” dans le care. Vous avez de la marge”, remarquait-on en clôture. 


[*] Fischer B. & Tronto J. (1991) « Towards a Feminist Theory of Care », dans Abel E. Nelson M. (dir.) Circles of Care : Work and Identity in Women’s Lives, Albany, New York : State University of New York Press, p. 40.



Écoute collective : les hommes et le féminisme

Vendredi 15 décembre, nous nous sommes retrouvé·es à la galerie that’s what x said pour essayer un nouveau format : une écoute collective de podcast. Pour cette première fois, nous avons écouté “Les bons alliés et les faux amis du féminisme” des Couilles sur la table, podcast dans lequel Victoire Tuaillon interroge Francis Dupuis-Déri, politologue et  spécialiste du masculinisme et de l’anarchisme à l’occasion de la sortie de son dernier livre.


Le travail de Dupuis-Déri adopte un point de vue matérialiste (voir féminisme matérialiste) et nous invite à ne pas se laisser duper par de grandes déclarations d’intention ou par des articles tendance sur les nouveaux hommes, mais à toujours en revenir aux faits : qui est au pouvoir, qui a l’argent, qui a les armes, qui tue qui, qui a l'espace et la voix de dire et de faire, etc. On constate que malgré le fait qu’on parle de plus en plus des hommes proféministes, malgré qu’il y ait de plus en plus de publications sur les masculinités et le fait que des grandes multinationales embrassent la cause féministe, en fait, matériellement il y a assez peu d’avancées notables vers l’égalité. Les chiffres ne suivent pas. 


Mais comment faire pour que les hommes passent à l’action ? Pour qu’ils s’engagent, vraiment ? Si le féminisme est une lutte vitale pour les femmes, on constate que ça ne l’est pas pour les hommes. Même chez ceux qui sont engagés politiquement (dans les milieux écolo ou anarchistes par exemple), on constate souvent une adhésion au féminisme principalement par nécessité d’être cohérents (la même chose pourrait être dite de l’anti-racisme). Mais cela passe facilement au deuxième (ou troisième) plan quand il s’agit de mesures concrètes. Comment en faire une lutte existentielle pour eux aussi ? Ces pages de bell hooks peuvent-elles suffire à convaincre les hommes qu’ils ont eux aussi à gagner faire tomber le patriarcat ?


Dans les faits, qu’est-ce qui pousse les hommes vers le féminisme ? Comment éviter les postures frauduleuses, comme celle du poseur ou de l’initié ? Dupuis-Déri invite les hommes à être lucides quant à leur engagement pour la cause féministe : les hommes peuvent tirer des avantages très concrets du fait de s’intéresser au féminisme – et on ne parle pas ici des bénéfices qu’ils pourraient à la longue tirer du démantèlement du système patriarcal. En effet, apparaître comme un allié proféministe peut donner accès à certains milieux, peut permettre de se démarquer des autres hommes (dans le combat de coqs de la pureté militante) et surtout peut leur donner accès au cœur et au corps des féministes. Se pose donc la question de savoir si leur engagement est-il instrumental ou authentique ? Nous on se demande si, dans la mesure où une écrasante majorité des hommes proféministes le sont parce qu’ils ont un jour été en couple avec une féministe, la motivation originelle la plus répandue n’est pas de toute façon d’avoir accès au coeur et au corps des féministes 🤷‍♀️ 





De toutes les actions que les hommes peuvent poser pour lutter contre le patriarcat, Victoire Tuaillon et Francis Dupuis-Déri sont d’accord pour dire que la plus importante, et peut-être la seule qui soit vraiment décisive, est celle de rompre la solidarité masculine. Les deux sont aussi d’accord pour dire que c’est très improbable que les hommes le fassent. Nous voilà dans de beaux draps… 


Des mecs présents à notre événement, il ressort qu’ils ont parfois l’impression d’être là en sous-marin ou comme agent-double lorsqu’ils sont dans leurs groupes d’amis. Ils voient des comportements ou des dynamiques de groupe qu’ils ont envie de dénoncer, mais admettent que c’est difficile de casser l’ambiance, qu’ils sentent bien qu’ils ont à y perdre s’ils s’expriment ou, quand ils le font, ils se retrouvent parfois à se sentir très cons et très seuls face aux arguments que le groupe leur rétorque pour maintenir ses structures en place. Il y a aussi souvent un double discours, entre leur participation dans des dynamiques de boysclub et leurs discussions avec des féministes, pendant lesquels ils les dénoncent. “On vous voit, hein” rétorque une féministe. Effectivement, on n’est pas dupe : on sait bien qu’entre le discours qu’un homme tient dans une discussion avec une féministe et son comportement concret quand il est avec d’autres hommes, il y a souvent un monde.


Néanmoins, si on est optimiste, on peut considérer que cette position d’agent double n’est peut-être pas complètement inopérante, pas complètement hypocrite. Ces espaces de débrief et d’analyse avec des féministes en dehors du boysclub permettent aussi de développer une pensée critique. Avoir une action de démantèlement de la solidarité masculine (sur laquelle repose le patriarcat) demande un peu d’outils et de stratégie, pour, justement, ne pas se retrouver “comme un con” une fois qu’on a dénoncé les rapports de pouvoir. Mais bon, ça, c’est si on est optimiste. Si tous ces espaces de conversation et d’éducation ne résultent pas dans une action concrète de désolidarisation à un moment donné, alors c’est juste un gaspillage de temps et d’énergie féministe.


Plutôt que d’être agent double, un participant disait prendre parfois le rôle de bibliothécaire (ou contrebandier) en profitant de son privilège masculin pour faire circuler des ressources féministes et générer des espaces où ces ressources peuvent être prises en compte. C’est une manière d’éviter la dissociation cognitive demandée par la position du sous-marin. Néanmoins, comme le soulignait une participante, l’information n’est souvent pas ce qui manque : les mécanismes du déni sont nombreux. Donner une information et changer les rapports de pouvoir se jouent à des niveaux très différents.


“Quand des femmes ou des féministes vont affronter ou contredire un homme, souvent l’homme il va entendre (parce qu’on n’est pas sourd), mais ça veut pas dire qu’on comprend. Après ça on comprend mais ça veut pas dire qu’on accepte. Après ça on accepte mais ça veut pas dire qu’on agit. Et après ça on agit… des fois. Mais ça, sur des choses aussi simples que des tâches domestiques par exemple, ça peut être à recommencer à chaque jour.” (Francis Dupuis-Déri

Enfin, les études tendent à montrer que même chez les hommes de bonne volonté, les dérives masculinistes ne sont jamais loin. Il n’est pas rare de voir des hommes ou des groupes d’hommes proféministes “retourner leur veste” comme le dit poétiquement Dupuis-Déri, et c’est un phénomène qu’on peut trouver très surprenant. Pourtant, il est affreusement banal et documenté de longue date. Le podcast invite à maintenir une vigilance et à travailler en mixité. À La Bonne Poire, plusieurs relèvent qu’il n’est pas rare qu’une intervention d’une féministe remette un peu les pendules à l’heure, et que cela fait du bien de pouvoir être interpelé quand on pourrait glisser vers un entre-soi confortable.


# Les événements à venir

La mensuelle de janvier "Sexualité(s) : nos premières fois"

Vos premières fois, est-ce que vous vous en souvenez ? Combien y’en a-t-il eu ? Lesquelles ont vraiment compté ? Étaient-elles empreintes de stress, d’angoisse, d’enthousiasme, de violence, de plaisir ? Étaient-elles préparées, planifiées – choisies ?

Quels imaginaires ont structuré vos premières fois ? Quels étaient les enjeux, les questions que vous vous posiez ? Comment ces premières fois ont-elles marqué la suite de votre vie sexuelle,  votre histoire, votre rapport au corps, à celui des autres, à la performance, au plaisir ?

Et tout compte fait, y’a-t-il une de vos premières fois que vous considérez comme votre première fois ?


Qu’est-ce qu’une mensuelle ? Lis-en plus ici.


Infos pratiques

  • Le mardi 9 janvier 2024

  • Ouverture des portes à 18h30, début de l’activité à 19h et fermeture à 22h30.

  • À La Vieille Chéchette (2 rue du Monténégro - 1060 Saint-Gilles)

  • ​​Pour qui ? Nous espérons que cette activité touche principalement des hommes. Si tu es intéressé·e et que tu n'es pas un homme, tu es lae bienvenu·e ! Mais c'est encore mieux si tu viens accompagné·e :) 

  • Le nombre de places est limité. Inscription souhaitée via ce formulaire

  • Prix libre et conscient

  • Événement Facebook



Travailler l'inconfort par le corps

Après une année qui a suscité beaucoup d’enthousiasme, nous vous proposons une nouvelle fois cet atelier corporel avec André Chapatte, pour permettre à de nouvelles personnes d’y participer, pour ritualiser les changements de saison dans l’écoute de soi, de son corps, et de ce(ux) qui l’entoure(nt). Si des participants des précédentes éditions veulent le refaire, rien ne l’empêche.


La culture patriarcale exige des hommes qu'ils inhibent leurs émotions et mutilent leur vie affective. (Nous avons rédigé un petit texte à ce sujet, pour celleux qui souhaitent aller plus loin, c’est par ici). La peur de l'intimité, l'inconfort de la tactilité, la difficulté de dire ses émotions peuvent être travaillés à travers le corps. André Chapatte (artiste, danseur, performeur et animateur sur les interactions entre corporéité et masculinité) nous propose un moment de découverte de soi et de l’autre à travers le corps, les gestes, le toucher. Plus d’infos sur l’activité.


Cet atelier est relativement long (±4h). Il a cette qualité de donner du temps à l’écoute et à l’exploration, et à la construction de la confiance entre les participants. Il est possible de prolonger avec un moment plus informel, pour ceux qui veulent. Une table est mise à disposition pour mettre en commun des boissons ou des grignotages.


Infos pratiques

  • Quand ? Le dimanche 21 janvier à 15h

  • Où ? Rue de l'Argonne, 35 à 1060 Bruxelles

  • Pour qui ? L'événement cible les personnes dont l'identité de genre s'est construite, à un moment ou à un autre dans la masculinité, que cela soit de manière assignée, transitionnelle, revendiquée ou rejetée. En tant qu’organisatrices de La Bonne Poire, des femmes seront présentes mais ne participeront pas.

  • N’hésitez pas à enfiler une tenue confortable :)

  • Prix libre (prévoir cash) - prix conseillé : 5€

  • Inscription obligatoire via ce formulaire

  • Événement Facebook



Arpentage : Pourquoi le patriarcat ?

Nouvelle année, nouvel arpentage. On vous propose de nous pencher sur le livre Pourquoi le patriarcat ? de Carol Gilligan (2019). Elle est l’autrice du livre Une voix différente, qui a forgé l’éthique du care, centrale aujourd’hui dans les réflexions sur le féminisme et la démocratie. 


Un arpentage, c’est quoi ? 

L’arpentage est une méthode de lecture d'un ouvrage à plusieurs. Le livre est d'abord déchiré en autant de parties que le groupe compte de participant·es. Chaque partie du livre est ensuite distribuée. Chaque personne lit son extrait et après, on en discute. L'enjeu est d'emmagasiner l'essence d'un livre et de se le réapproprier collectivement sur un temps limité. Cette méthode est un outil classique de l'éducation populaire, utilisé notamment dans le monde ouvrier afin d'accumuler du savoir critique en groupe. 


Quatrième de couverture

Pourquoi le patriarcat ? avance une hypothèse psychologique nouvelle sur la persistance du patriarcat. S’il perdure, c’est non seulement parce que les personnes en position de pouvoir sont réticentes à renoncer à leurs privilèges, mais aussi parce qu’il sert une fonction psychologique. Dans la mesure où il requiert le sacrifice de l’amour au nom de la hiérarchie (songeons à Abraham qui se soumet à l’ordre divin en tuant son fils Isaac), le patriarcat s’érige en rempart contre la vulnérabilité associée au fait d’aimer. Par là même, il se dresse en bouclier contre la perte. La simple prise de conscience que c’est notre capacité à communiquer nos sentiments personnels et à capter ceux des autres qui menace les structures hiérarchiques change entièrement la donne.

Une thèse forte, et un combat résolument actuel.


Infos pratiques

  • Quand ? Le jeudi 25 janvier 2024

  • Portes ouvertes à 18h00 ; début de l’activité 18h30.

  • Où ? Atelier TiPi (Rue du Viaduc 133, Ixelles) - lieu à confirmer, on vous tient au courant s’il y a un changement ! 

  • Qui ? Nous espérons que cette activité touche principalement des hommes. Si tu es intéressé·e et que tu n'es pas un homme, tu es lae bienvenu·e ! Mais c'est encore mieux si tu viens accompagné·e.

  • Inscription via ce formulaire

  • Prix libre et conscient

  • Lien vers l’évènement Facebook 



Le théâtre des Martyrs et La Bonne Poire présentent "Girls and Boys"

On prend un peu d'avance en vous annonçant un événement qui aura lieu en février.

Suite à l'enthousiasme de l’année passée, nous vous proposons de se retrouver à nouveau au théâtre des Martyrs ce 18 février pour une rencontre autour de la pièce Girls and Boys, un seul en scène percutant de France Bastoen, mis en scène par Jean-Baptiste Delcourt. 


Girls and Boys est une pièce écrite par Dennis Kelly, dans laquelle une femme raconte son histoire. Simplement. Une rencontre amoureuse qui commence dans une file d’attente EasyJet, une carrière prometteuse dans l’industrie du cinéma, l’arrivée des enfants – jusqu’à ce que… C’est une histoire faite de confessions douloureuses, de retours sur ses petits moments de bonheur, d’humour cinglant et de dure confrontation à la réalité. L’incompréhensible confrontation à la réalité. Dennis Kelly y construit brillamment une expédition dans les méandres d’un quotidien qui s’effrite, se fissure, par petits coups.


Si nous vous proposons de venir voir cette pièce, c’est qu’elle capture de façon particulièrement lucide (mais dans une lucidité proche de la folie) ce qu’est la violence masculine. Quand ça commence ? Où ça s’arrête ? Comment s’imbrique-t-elle dans le tissu du quotidien, l’air de rien, jusqu’à ce que… Construite comme un puzzle, elle nous fait voir les méfaits d’une société patriarcale à travers la voix intime d’une femme. Entendre les hommes et la violence masculine racontée par une femme, voilà un exercice auquel les hommes ont tout intérêt à se prêter, encore et encore.


Après la pièce, nous poursuivrons avec une discussion qui a pour titre "La société n'est pas faite pour les hommes, mais pour les contenir".


Infos pratiques

  • Quand ? Le dimanche 18 février à 15h (début de la pièce, soyez là plus tôt!). La discussion débutera vers 16h45.

  • Où ? Au théâtre des Martyrs (Place des Martyrs 22, Bruxelles)

  • Combien ? Bénéficiez d’un tarif réduit en vous inscrivant via La Bonne Poire ! Nous comptons sur chacun·e pour choisir sa catégorie tarifaire avec honnêteté : on vous fait confiance.

  • Liste des tarifs

  • Inscription obligatoire via ce formulaire

  • Toutes les infos sont dispos sur l'événement Facebook

  • Crédit photo : © Mathieu Delcourt



# Recommandations

Et si on profitait de la pause hivernale pour aller voir ne serait-ce qu’une ressource citée ci-dessous ? 🙂


Sur le care et le soin


Sur les hommes et la lutte féministe


Sur le développement perso et le militantisme




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