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Newsletter #2

Suite à la deuxième rencontre du 12 janvier 2022, voici une nouvelle newsletter ! Vous y trouverez un feedback de la rencontre et la suite de notre programme pour les prochaines semaines.



# Retour sur notre deuxième rencontre Le mercredi 12 janvier a eu lieu notre premier arpentage autour de l’autrice bell hooks et de son ouvrage “La volonté de changer”. Nous avons pu échanger autour de la masculinité patriarcale, aborder les enjeux, les failles et les troubles que celle-ci creuse en nous-même. L’enjeu n’était pas d’en faire un compte rendu universitaire mais plutôt de s'approprier son contenu afin de rendre ce savoir accessible et effectif. Des histoires, des interrogations, des images, quelques rires ou silences gênés furent au rendez-vous. Ce que nous en retenons, c’est peut-être cette réjouissante nouvelle que oui, nous pouvons changer, que cette danse du mépris, comme l’appelle bell hooks, cet équilibre relationnel qu’est le patriarcat peut, à l’échelle de nos vies, être remis en question. Ce changement est un chemin long et intense. Une autre idée soulevée par bell hooks, et par les personnes présentes à l’atelier, est que les hommes sont des “estropiés émotionnels”. Changer, vouloir changer, implique donc un trajet. Au début du trajet, nous sommes dans l'incapacité de reconnaître nos émotions. Toute volonté d’expression d’une émotion passe alors par une forme de colère, qui n'est finalement que le reflet d'un brouhaha émotionnel incompris mais qui est, par ailleurs, socialement acceptée pour un homme. Pour bell hooks, "la masculinité est déconnexion", elle est cet apprentissage de l'éloignement de soi, de la compartimentation afin de faire l'impasse sur sur qui nous tracasse. L’arrivée de ce trajet se situerait justement dans la capacité à reconnaître ses émotions et donc de se reconnecter à soi. La socialisation de genre (le fait d'être éduqué et socialisé différemment selon notre genre) fait qu'il est normal de devoir passer par un trajet de déconstruction. Quelqu'un présent à l'arpentage a souligné la complexité de ce trajet parce que le patriarcat s'ancre dès le berceau et qu'il pose un voile sur les évidences. Nous aimerions que ce soit facile et évident, que telle situation puisse être nommée comme étant patriarcale et problématique et que telle autre ne le soit pas. Mais les choses sont moins bien claires et frontales qu'on le souhaiterait. Le patriarcat est un apprentissage. Et la bonne nouvelle est donc qu'on peut le désapprendre. Enfin, ce trajet passe par la reconnaissance que le patriarcat impacte aussi les hommes, et ce, sans pour autant minimiser les souffrances des femmes et des personnes queers. Sortir du patriarcat, c'est donc effectuer un grand saut qui peut être angoissant. C'est se confronter à ce vertige qui est d’observer ses propres émotions, les exprimer, les voir surgir et s’y engouffrer, bref, tout un programme. Grâce à votre confiance et votre participation, la soirée a été riche en récits de vie témoignant de cet impact du patriarcat sur les hommes, leur construction et leurs relations. Nous avons pu échanger exemples et anecdotes, afin de rendre vivant un récit qui semblait peut-être, de premier abord, un peu hostile ou du moins fort théorique. Merci à vous.


# La suite ? Le jeudi 17 février à 18h (à moins de 3 semaines du 8mars). Programme : Lors de notre première rencontre, des participants ont partagé le trouble dans lequel ils se trouvaient lors de grandes mobilisations féministes. Ils ont envie d’aider, de soutenir, de crier l’injustice qu’ils voient et qu’ils ressentent aussi, de donner du poids à ces femmes qui luttent ; et pourtant ils entendent qu’ils doivent laisser la place, rester en coulisse, ne pas être visibles. Comment sortir de la passivité et adopter une posture d’allié actif (proactif !), sans mettre les pieds dans le plat ? A J-20 du 8 mars et des mobilisations féministes qui s’y tiennent, La Bonne Poire propose une soirée en plusieurs temps : 1) Un contexte historique sur les grèves des femmes, où l’on verra l’ampleur et les revendications de ce mouvement (non, ce n’est pas qu’une question de linge sale) ; 2) Des raisons de se réjouir, en tant qu’exclus, que les femmes fassent des blocs en non-mixité choisie pour occuper la rue et exprimer leur colère en sororité ; 3) La présentation de quelques initiatives réjouissantes portées par des mecs un peu partout dans le monde ; 4) Et enfin, un (plus long) moment discussion et brainstorming pour envisager ce qui pourrait être fait ici, maintenant, cette année. N’hésitez pas, pour se faire, à nous envoyer vos questions et autres interventions. Veuillez vous inscrire via le lien suivant : INSCRIPTION Remarques : - L'atelier et les consommations sont à prix libre sur place (prévoir cash). - L'évènement est ouvert à toustes. Nous espérions qu'il touche principalement des hommes. Si vous n'êtes pas un homme, essayez de venir accompagné·e ;) - Nous réserverons un accueil plus qu’enthousiaste aux personnes investies auprès de collectifs participant ou organisant la grève du 8 mars. Le lien vers l'évènement Facebook.

# Coup de coeur de Rachel Le film Chaos Walking La science-fiction est un média super intéressant pour raconter des histoires originales. Particulièrement, j’aime les œuvres de science-fiction qui construisent un univers adapté pour l’histoire qu’elles ont à raconter, et qui savent déployer cette histoire jusqu’à lui donner une clôture. L’histoire de Chaos Walking commence dans un village d’hommes sur une planète coloniale baptisée "Nouveau Monde". Les hommes de cette planète sont affectés par un mystérieux phénomène, "la Bruit", qui rend audibles et visibles toutes leurs pensées. Todd Hewitt (Tom Holland) est le plus jeune habitant du village, où toutes les femmes ont été tuées. Il n’a jamais cotoyé d’individu de sexe féminin jusqu’à ce que Viola Eade (Daisy Ridley), venue de l’espace, s’écrase près de son village. Pour échapper au maire David Prentiss (Mads Mikkelsen), les deux doivent fuir et découvrir que le monde est plus grand qu’ils ne l'imaginent. bell hooks disait (oui, toujours elle) : « Le message de la grande majorité des films contemporains, c’est que les hommes ne parviennent pas à échapper à la bête qui est en eux. Ils peuvent faire semblant. Ils peuvent recourir à la dissimulation, mais ils ne parviennent jamais à briser l’emprise du patriarcat sur leur conscience » (La volonté de changer, éd. divergences, 2021, p.167). Et bien, Chaos Walking est un bel exemple contraire de comment les médias de masse peuvent aussi être des véhicules puissants pour envisager l’art du possible. Pour la bande annonce, c'est ici

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