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Newsletter #3

Le jeudi 17 février, nous nous sommes retrouvés pour la troisième fois autour de la thématique du 8 mars. Comme à chaque fois, nous revenons sur cette soirée et nous proposons nos prochaines rencontres.

# Retour sur notre troisième rencontre

Le jeudi 17 février, nous nous sommes retrouvés pour la troisième fois autour de la thématique du 8 mars. Lors de notre première rencontre, des participants ont partagé leurs difficultés à se positionner lors de grandes mobilisations féministes. Ils ont envie d’aider, de soutenir, de donner du poids à ces femmes qui luttent; et pourtant ils entendent qu’ils doivent laisser la place, rester en coulisse, ne pas être visibles. Comment sortir de la passivité et adopter une posture d’allié actif, sans mettre les pieds dans le plat ?


Pour répondre à cette question, nous avons décidé de remonter dans le temps, afin de saisir ce qu’il se joue le 8 mars. Pour ceux qui n’étaient pas présents, voici un petit résumé de cette histoire qui a déjà plus de 100 ans.

Au début du XX° siècle, en 1910 précisément, Clara Zetkin propose la création d’une journée internationale des droits des femmes lors de la conférence internationale des femmes socialistes. Cette initiative est donc initialement portée par les socialistes qui s’opposent aux féministes dites bourgeoises considérées trop désolidarisées des conditions ouvrières et travailleuses.


“Les femmes socialistes de tous pays doivent organiser tous les ans une journée des femmes qui servira en premier lieu la lutte pour le droit de vote des femmes" Clara Zetkin

La proposition est applaudie mais aucune date n’est encore fixée. C’est à partir de 1917, avec la grève ouvrière de Saint-Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place, associée à la commémoration du premier jour de la révolution russe.

Parallèlement, les suffragettes européennes radicalisent leur action, jusqu’à mettre des bombes aux gouvernements. Il y aura des mortes, des prisonnières, des violences. La première vague féministe s’affirme par la revendication de leur implication politique: exigence du droit de vote de formations professionnelles etc.

Après la guerre, le 8 mars devient une tradition dans les pays de l’Est mais c’est seulement à partir des années 1970 que le 8 mars reprend une place symbolique dans les luttes des femmes et devient dès lors, féministe, en rupture avec une signification purement communiste. Les féministes en feront un moment fort de revendication pour l’égalité des droits politiques et sociaux, comme la législation de l’avortement ou l’égalité au travail. C’est en 1977 que les Nations Unies (avec un peu de retard, n’ayant pas peur de le dire) invitent chaque pays à consacrer une journée aux droits des femmes et à la paix internationale. cette demande s’axe en 3 points :

  • S’efforcer de créer des conditions favorables à l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et à leur pleine participation, sur un pied d’égalité, au développement social.

  • Inviter tous les Etats à proclamer un jour de l’année Journée des Nation Unies pour les droits de la femme et la paix internationale

  • L’ONU a célébré la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, pour la première fois en 1975, pendant l’Année internationale de la femme.

Les femmes n’ont pas attendu l’ONU pour réclamer de véritables mesures visant à l’égalité mais merci. Et maintenant ? Le premier appel à la grève est lancé en 2017 par Ni Una Menos (Argentine), et va être repris par des millions de femmes* à travers le monde. De nombreux autres mouvements, mobilisations, manifestations, appels à la grève vont être mis en place. Leur ampleur arrivera aux portes de la Belgique en 2019 et conduira à la première grève féministe la même année.

Les revendications aujourd’hui (du collecti.e.f 8 maars) Pendant toute la journée ou quelques heures, l’enjeu est d’arrêter de faire ce que les femmes réalisent d’habitude au travail, à la maison, aux études, dans la façon de consommer, pour faire valoir leurs droits qui sont attaqués dans tous les domaines. La grève se divise en 4 axes :

  • La grève du travail rémunéré permet de faire disparaître physiquement des espaces qui sont occupés d’habitude par des femmes dans le monde du travail.

  • La grève du soin aux autres met en avant le travail invisible que les femmes effectuent au quotidien dans l’espace privé (appelé aussi travail du care).

  • La grève de la consommation consiste à arrêter d’acheter des produits ou services non indispensables, issus d’entreprises où les conditions de travail des femmes sont mauvaises ou dégradantes.

  • La grève étudiante dans les écoles et universités

La non-mixité le 8 mars L’espace public est conçu par et pour les hommes. Ils s’y arrêtent, l’occupent, seul ou en groupe. Les femmes n’y sont que de passage. Une journée par an, le 8 mars, elles s’emparent de cet espace, occupent la rue en blocs, marchent, dansent ou roulent à vélo non-mixité choisie. Elles y expriment leur colère, leurs revendications et défendent leurs droits. Cette non-mixité choisie leur offre la possibilité de se sentir en sécurité dans l’espace public, chose rare. Mais c’est bien plus que cela : entourées uniquement de femmes, elles se sentent puissantes. Le 8 mars est simultanément une expression de colère face aux discriminations et violences ainsi qu’un sentiment de joie et de puissance d’être entre femmes. Par ailleurs, la non-mixité court-circuite les rôles genrés dans le militantisme (le fait que certaines tâches soient davantage attribuées aux femmes, souvent le travail de care et les tâches peu valorisées). S’il n’y a pas d’hommes, toutes les tâches reviennent aux femmes, y compris les plus stratégiques et les plus importantes symboliquement: rédiger des tribunes et communiqués, prendre la parole dans les médias, être visibles, etc. Que faire quand on est un homme : Quelques pistes Voici une petite liste non exhaustive des différentes actions possibles : Prendre contact avec des collectifs et proposer mon aide, notamment de soutien, de logistique et d’intendance. C’est-à-dire ? Par exemple, préparer des repas pour les groupes de femmes qui se préparent à aller manifester, transporter du matériel et/ou des personnes d’un lieu à l’autre, garder les enfants, etc. Puisque depuis sa création en 2018, le Collecti.e.f 8 maars entend rassembler les différentes associations féministes de Belgique, le mieux est de le contacter pour proposer ton aide à ces adresses :

→ Aider les femmes de mon entourage en réalisant du travail domestique et éducatif. C’est-à-dire endosser les tâches de care et de ménage attribuées d’habitude aux femmes, et souvent déconsidérées. Réfléchir à sa place en tant qu’homme, aux paroles et actes blessants, invisibilisant, violents eus envers des femmes et leur écrire et/ou dire des excuses sincères Éduquer les pairs, les hommes de votre entourage en parlant du 8 mars autour de vous, en partageant les informations apprises sur l’histoire et la symbolique du 8 mars, l’importance de la non-mixité, etc. Et, pourquoi pas, convaincre un ami perdu sur les questions anti-patriarcales de venir au prochain rendez-vous de La Bonne Poire ;-) → Si tu es encore étudiant et que les cours sont maintenus, tu peux partager tes notes de cours aux femmes en grève. → Organiser un autre jour de l’année une grève féministe en mixité pour soutenir le mouvement féministe sans invisibiliser les femmes le 8 mars.



# La suite ?

Cette fois-ci, nous avons deux événements à vous partager ! 1) Parmi les demandes faites lors de notre première rencontre, certains ont soulevé la grande question de la contraception. Notre prochaine rencontre tentera donc de répondre au mieux à vos questionnements, réflexions et autres. Pour ce faire, nous envisageons ce moment en 4 temps :

  • D’abord, rendre compte du paysage actuel de la contraception féminine et comprendre les enjeux systémiques autour de cette question. Qui demande la contraception ? Qui la propose ? Sur quels critères ? Quelle est la différence entre la charge contraceptive et la charge reproductive ?

  • Ensuite, présenter les enjeux actuels autour de la contraception à l’échelle d’une société mais aussi à l’échelle d’une relation.

  • Enfin, présenter et discuter des différents types de contraceptions masculines,

  • Mais aussi proposer des contacts, des associations et autres mains tendues pour les intéressés.

Le tout sera bien entendu agrémenté de discussions, témoignages, moments de partage et réflexions collectives. Elle aura lieu le 21 mars. Pour s’inscrire, rdv sur notre event Facebook



2) Aussi, nous vous annonçons déjà que le 29 mars nous serons au PointCulture de Bruxelles (rue royale, 145) pour un nouveau type de rencontre sous la forme d’un ciné débat. Le choix du film projeté n’a pas encore été tranché mais nous vous tenons au courant le plus rapidement via notre page Facebook. Nous nous réjouissons de vous y voir alors bloquez déjà cette date dans votre agenda!



#3 Des recommandations de podcasts et d'articles autour du 8 mars mais pas que... Lors de la rencontre du 17 février, deux petits cahiers ont été proposés par Louis. Les voici, si vous voulez les faire circuler autour de vous : Comprendre le patriarcat (bell hooks) et Les hommes pro-féministes (Francis Dupuis-Déri).

Dans cette émission radio récemment sortie, deux hommes reviennent sur leurs premières expériences sexuelles et sur leur parcours sexuel, mettant en avant l’évolution de leurs réflexions, conceptions et pratiques sexuelles.

À l’occasion du 8 mars 2021, un article de Slate revenait sur “ce que les femmes attendent des hommes cisgenres le 8 mars”. Le journaliste Thomas Messias tient, par ailleurs, un podcast sur les masculinités dénommé Mansplaining

Podcast en 3 épisodes sur la grève des femmes suisses et le mouvement du 14 juin. En juin 1991, plus de 500 000 femmes suisses descendent dans la rue pour réclamer l’application de l’article constitutionnel sur l’égalité entre hommes et femmes. Elles font grève pendant une journée pour montrer que sans leur travail, la société ne peut pas continuer à fonctionner. Trente et un ans plus tard, elles manifestent toujours, le 14 juin. Il ne s’agit pas de la grève du 8 mars, mais d’une initiative à part entière des femmes suisses qui permet, néanmoins, de comprendre l’importance de ce genre de grève.

Une autre émission radio reprenant trois exemples historiques de non-mixité choisie, entre le Black Power de 1966 aux États-Unis, les réunions féministes des années 1970 et l’expérimentation de non-mixité dans les domaines pédagogiques dans plusieurs pays du monde.

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